Le travail de Thibodeau porte sur la rupture, les vestiges et la reconstruction. Il traite des catastrophes, celles qui bousculent notre vie entière en un simple claquement de doigts ou encore l’adversité où l’on s’abandonne à petit feu. En provoquant la cohabitation d’éléments surprenants, Thibodeau crée des scènes oniriques où les rapports d’échelle altérés accentuent les caractères chimériques des histoires qui y sont décrites. Par l’amalgame de composantes disparates, des ruines énigmatiques et séduisantes prennent formes.

 

Loriane Thibodeau s’intéresse particulièrement à la manifestation tangible du changement, le moment charnière où la matière se transforme ; l’argile encore plastique, le métal en fusion, la résine sur le point de catalyser ou même le grain de maïs qui éclate. Elle joue continuellement avec la matière afin de traduire l’instant précis où tout bascule dans l’imprévisible et la mutation. Les curieuses histoires qui en découlent relatent cette dramaturgie du surréel habitée paradoxalement par le chaos et la fantaisie. Les notions d’absence et de déchirement y côtoient celles du merveilleux et des joies de l’enfance.

DÉMARCHE ARTISTIQUE